Giacometti

Cet été, deux très belles expositions proposent de (re)voir l’oeuvre de Giacometti. A la Modern Tate de Londres, une grande rétrospective sur Giacometti sculpteur fait écho à l’exposition Derain, Balthus, Giacometti — une amitié artistique au Musée d’Art de Moderne de la Ville de Paris. Deux capitales, deux visites incontournables si vous avez la chance de passer dans ces villes cet été.

A Londres
Giacometti est très célèbre en tant que  sculpteur, peintre et dessinateur. Les figures allongées, statues emblématiques de son travail sont évidemment présentes, mais l’exposition dévoile aussi des plâtres et des dessins rarement exposés. Cette ambitieuse rétrospective met en lumière l’évolution de la carrière de l’artiste en cours de cinq décennies ; des premières oeuvres telle que Tête de Femme (1926) jusqu’aux fameuses sculptures de bronze telle l’Homme qui Marche (1960), affirmant ainsi la place de Giacometti aux côtés de Matisse, Picasso ou encore Degas comme l’un des grands peintres-sculpteurs du XXe siècle. Un accès inégalé à l’ensemble de son travail (250 pièces présentées) grâce à l’extraordinaire collection et les archives de la Fondation Alberto et Annette Giacometti.

Tate Modern
Giacometti, jusqu’au 10 septembre 2017
Du dimanche au jeudi 10h00–18h00
Du vendredi au dimanche 10h00–22h00
Bankside, London SE1 9TG

 

A Paris
Le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris présente une exposition intéressante explorant l’amitié entre trois grands artistes du XXe siècle : André Derain (1880-1954), Balthus (1908-2001) et Alberto Giacometti (1901-1966).
L’exposition présente une sélection de plus de 350 œuvres, principalement centrée sur les années 1930 à 1960. Elle permet de revoir la part la plus importante de l’œuvre de Derain (qui n’a pas été présentée à Paris depuis plus de vingt ans avec la rétrospective en 1995 au MAM), de revoir Balthus, (depuis 1983 la rétrospective du Centre Pompidou) tout en portant un nouveau regard sur Giacometti.
L’exposition se découpe en 8 séquences et débute avec leur regard commun vers la tradition figurative et les primitivismes d’où naissent des métissages singuliers (Le regard culturel). Elle se poursuit avec leurs paysages et leurs natures mortes qui interrogent les codes du néoclassicisme (Vies silencieuses). Puis propose les portraits croisés de leurs amis, modèles et mécènes communs (Les modèles). Nous entraîne ensuite dans un monde ludique, celui de l’enfance et du divertissement où se mêlent mélancolie, duplicité et cruauté (Jouer, la patience). Puis un Entracte nous fait entrer dans le monde du spectacle où les artistes se font décorateurs. Les projets de scénographie et de costumes sont l’occasion d’explorer les liens entre spectacle, peinture et sculpture. Ensuite, Giacometti ouvre un monde onirique avec Le rêve – visions de l’inconnu dans lequel Derain et Balthus réactualisent le thème de la femme endormie et du rêve, entre fantasme et réalité. Les artistes expriment leurs doutes et leurs interrogations au cœur du « lieu du métier » (A contretemps dans l’atelier), quand tous trois explorent « les possibilités du réel » face à la tragédie du temps (La griffe sombre). Enfin, Balthus clôt la visite en nous invitant dans le présent avec sa thématique du Peintre et son modèle.

Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris
Derain, Balthus, Giacometti, une amitié artistique, jusqu’au 29 octobre 2017
Du mardi au dimanche 10h00–18h00

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h (expositions uniquement)
11 Avenue du Président Wilson – 75116 Paris